Agenda 2019 de l’Apiculteur

Publié en août 2018.

Nouvelle édition de l’Agenda Rustica 2019 de l’Apiculteur, coécrit avec Gilles Fert. Un carnet de bord regroupant des astuces, rappels, et floraisons mellifères semaine après semaine.

Les abeilles, des ouvrières agricoles à protéger

Publié en février 2018.

Participation à l’ouvrage collectif dirigé par Axel Decourtye, Directeur Scientifique de l’Institut Technique et Scientifique de l’Apiculture et la Pollinisation (ITSAP-Institut de l’Abeille). Écriture du chapitre 7 (partie 3) “L’apiculture, une micro-filière au cœur de grandes problématiques“, avec Sophie Cluzeau-Moulay.

Portrait Gilles Fert Journal Sud-Ouest 1.10.17

Article écrit par Christian Seguin le 01.10.18 pour Sud-Ouest

Le routard des abeilles

Éleveur de reines en Béarn, Gilles Fert court la planète jusqu’aux zones de guerre depuis trente ans, pour transmettre et défendre les abeilles.

Voyager relève de l’enfance. Les livres font des tours du monde et il leur doit tous ses départs. Quand il quitte son poste de dessinateur industriel au sud d’Alençon, avec son sac à dos, Gilles Fert, 21 ans, sait l’essentiel. On grandit dehors, pas de-dans. Il vient de découvrir, à la fin d’un article du journal « Ouest France », que l’on peut vivre de l’apiculture. Au Canada, entre l’Alberta et le Saskatchewan, un poste d’ouvrier lui apprend ce métier rude, dévastateur pour le dos, mais définitivement lumineux. Son retour en Normandie l’ancre dans la profession, la valise tout près. Sa deuxième expédition vers l’Australie et la Nouvelle-Zélande le spécialise dans l’élevage des reines, dont il devient l’un des pionniers en France. Le livre tiré de cette expérience fondatrice (lire ci-dessous) reste référent.

Le Béarn stratégique

Pourquoi Argagnon, en 1986, canton d’Artix et Pays de Soubestre ? Parce qu’un stage à Tarbes lui inocule le Sud-Ouest. Il ne voit pas le Béarn, mais la terre promise. Une place stratégique, à mi-chemin entre la montagne, la forêt landaise et le Gers cultivé. Les fleurs, l’altitude, climat et microclimats dessinent un royaume des miels monofloraux et de la transhumance des ruches.

Une conjonction tragique va changer la donne. Les essaims des arbres creux, la base de l’abeille française, se volatilisent. Un acarien, le Varroa destructor, les élimine au début des années 1980, au moment où se répandent de nouvelles molécules chimiques agricoles. Son engagement correspond au début du désastre. Ce qui change ? L’environnement tue les pollinisateurs. L’apiculture, jadis empirique, accessible aux amateurs, se transforme en discipline très technique, enseignée dans les lycées, car le recours à l’élevage est inéluctable. Il n’y a plus d’essaims à capturer. 30 % des cheptels d’élevage meurent et l’apiculteur passe son temps à repeupler, en affaiblissant la colonie mère, au détriment de la récolte. Ces dix dernières années résument l’échec permanent. Les pâles évolutions touchent le fléau de la monoculture, pas encore rompue par l’obligation récente des rotations. Elles signalent aussi avec plus d’insistance, dans l’enseignement agricole, le rôle capital de la butineuse. Mais la neutralisation du lobbying des pesticides tient toujours de l’utopie. Leur sur-utilisation persiste, sans que les éleveurs soient consultés sur l’autorisation de mise sur le marché.

A Argagnon, il produit 6 000 reines par an, vierges et fécondées, des cellules royales, expédie du sperme vers l’Amérique du Sud, cultive par insémination artificielle des «étalons». Sa ferme attire le monde (1). Passent ici scientifiques, professionnels, stagiaires français et étrangers, africains notamment.

Le technicien croit beaucoup aux vertus de son sac à dos. L’insecte glorifié depuis Aristote, symbole de la nature vulnérable et étendard de sa protection, s’impose aussi comme un outil contre l’exode sur les territoires dévastés par les conflits et les cataclysmes. Il permet notamment de maintenir des populations en zone rurale. Les agences européennes, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le ministère français de la Coopération envoient le formateur sur tous les fronts. L’Europe a besoin de miel. Il manque 30 000 tonnes chaque année en France.

LE PASSEUR

GILLES FERT, 60 ans, éleveur de reines, consultant international, a formé de nombreux apiculteurs dans le monde. Il enseigne également en France, et notamment à Saint-Pée-sur-Nivelle, au Pays basque. Présent dans les revues, il est l’auteur de « L’Élevage des reines », réédité depuis trente ans chez Rustica, et coauteur du « Petit Traité Rustica de l’apiculteur débutant », la bible de l’apiculture. Tout ce qu’il publie est écrit désormais avec son fils Paul, lancé sur ses traces.

Du Liban à l’Afghanistan

Il le vérifie : le varroa frappe partout, sauf en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française. Les molécules chimiques inondent la planète, à quelques exceptions près. La Syrie…avant la guerre, où les produits Monsanto demeuraient interdits, au même titre que le Coca-Cola. L’Afghanistan, où ils n’apparaissent pas pour des raisons économiques. La persistance des combats empêche l’agriculture d’évoluer. Il y retrouve les colonies de son enfance et un dynamisme introuvable dans les zones mécanisées. Dans la plaine de la Kâpâssâ, où 54 militaires français ont trouvé la mort entre 2004 et 2012, un interprète l’accompagne et une équipe se tient prête à l’évacuer. «Il suffit, dit-il, de ne pas marcher sur une mine en allant au rucher. »

En Amérique du Sud, où il se sent chez lui, iI abandonne l’auto-stop, devenu périlleux. Il s’installe au Mexique pour développer un artisanat bio sur l’Altiplano. On le voit au Nicaragua, au Pérou, au Chili, en Argentine, en Uruguay, mais aussi à Taïwan, aux Açores, à Madagascar, en Algérie et beaucoup dans la péninsule Ibérique. Parfois, comme tous les routards, il hésite à poursuivre la route. Sienne, en Italie, ou Brisbane, en Australie, le retiennent. La force d’Argagnon, ses six enfants et ses cours le ramènent. Le terreau de sa résistance est ici, même s’il a plus de notoriété à QuintanaRoo, dans le Yucatán, qu’à Pau.

Plus de 32 000 tonnes de miel en 1995, moins de 9 000 en 2016. Dans n’importe quelle production, un tel effondrement exigerait l’état d’ur- gence. Pas dans cette activité très minoritaire de l’agriculture, où 1 500 familles ne pèsent rien en termes électoraux. Une bulle de savon contre les multinationales et les gens qu’elles rétribuent pour communiquer et semer le doute.

Sauvés par la pollinisation

Gilles Fert regrette certaines démissions. « J’en veux aux chasseurs et pêcheurs, dont je suis. Ils constatent la même dégradation mais ne tirent jamais la sonnette d’alarme. En Europe, il n’existe pratiquement plus d’espaces propres. En analysant l’eau d’un lac de montagne, vous trouvez du Lindane, un insecticide interdit dans 50 pays, mais pas en Espagne. 40 % des pulvérisations remontent dans l’atmosphère et retombent avec les pluies. » Reste le voyageur confiant, naturellement tourné vers l’horizon. Au moment où l’apiculture vacille, jamais la substance sucrée n’a connu pareil engouement au sein de la communauté.

On va bientôt poser des ruches dans les sacristies et sous la table du Conseil des ministres. Depuis la vache folle, les consommateurs cherchent des refuges. « Une grosse machine ne s’arrête pas d’un coup. Mais les exploitants agricoles vont devoir s’adapter aux demandes d’un nouveau marché. Ils affrontent le terrible dilemme de vouloir maintenir les traitements en conservant les pollinisateurs dont ils ne peuvent se passer. Sans la pollinisation, nous n’existerions plus. Il nous faut affirmer que nous sommes agriculteurs spécialisés en abeilles, sortir de l’étiquette méprisante d’écolos que l’on nous colle, et continuer la concertation. »

Dans l’école de ses rêves, il y a une cantine bio, un coin de jardin pour les enfants et un temps d’éducation sur la diététique, le pollen, l’équilibre. La présence de Nicolas Hulot le rassure. « J’espère qu’il ne va pas partir. Il y a eu beaucoup de tort fait au dossier global de l’environnement par les intégristes de l’écologie, qui n’ont parlé à personne. » Et puis le passeur a transmis ses savoirs et son goût de l’humanité à l’un de ses fils, Paul, diplômé de Sciences Po, qui vient d’écrire un ouvrage remarquable de précision (2), préfacé par l’astrophysicien Hubert Reeves, sur cet insecte hors normes menacé de tous côtés, à qui nous devons tant.

Gilles Fert a installé un essaim dans la cloison de sa chambre. Trois décennies d’enfumoir lui ont laissé les poumons d’un fumeur. Un masque lui permet de respirer l’air très purifié des ouvrières, où flotte la propolis. C’est le privilège du faiseur de reines, qui refuse d’être un roi. Ils vieilliront ensemble, ici et ailleurs.

(1) www.apicultureaquitaine.fr

(2) «Abeilles, gardiennes de notre avenir», éd. Rustica.

Article complet à télécharger ici.

Conférence à la REcyclerie, le 11.06.18

Le 11 juin prochain se déroulera à la REcyclerie (Paris, Métro Porte de Clignancourt), une conférence-débat sur le rôle des insectes pollinisateurs comme acteurs clés de notre alimentation.

Environ 4000 variétés de fruits et légumes n’existeraient pas sans la pollinisation. 75% de la production mondiale de nourriture dépendrait donc des animaux pollinisateurs… Mais qui sont-ils ? Dans quel environnement évoluent-ils ? Quel avenir pour ces travailleurs et notre alimentation ?

En présence de :
– François Lasserre, Auteur, enseignant et entomologiste, vice-président de l’OPIE,
-Mathieu Angot, apiculteur normand, animateur du site Les Ruchers de l’an 01
-Paul Fert, auteur de “Abeilles, gardiennes de notre avenir : de la prise de conscience à la protection” aux éditions Rustica, 2017.

Le débat sera animé par Françoise Vernet, du magazine Kaizen.

Élever des Abeilles en ruche horizontale

La ruche horizontale puise ses origines dans les premiers pas de l’apiculture. Aujourd’hui, bien que modernisée, elle reste à la portée de tous : grand débutant comme passionné. La ruche horizontale est simple à manipuler et très économique. Les besoins en outillage et en stockage sont en effet réduits, laissant ainsi plus de place au plaisir de la pratique apicole et à la dégustation des produits de la ruche sous leur forme la plus naturelle. Découvrez dans cet ouvrage tous les conseils simples pour acquérir ou construire et conduire vos premières ruches horizontales en fonction de votre intérêt : la kényane pour le développement international ou l’apiculture plaisir en toute autonomie, la Layens pour la production, les ruches traditionnelles pour les nostalgiques, ou encore les ruches d’élevage horizontales.

Premier numéro de PermaGaïa

Pour leurs 90 ans, les éditions Rustica ont lancé l’édition d’un semestriel, à mi-chemin entre le magazine et le livre, d’où la contraction “MOOK”. J’ai le plaisir d’y avoir réalisé un article au sujet de la pollinisation, avec Hubert Reeves. Très heureux de figurer parmi tous ces grands noms engagés pour la planète.

 

Premier Marché au miel de Lot-et-Garonne

Le Conseil départemental et l’Abeille Gasconne vous organisent la toute première édition du Marché au mile de Lot-et-Garonne, à Agen le 20 janvier, à partir de 11h30.

J’aurai le plaisir de parrainer l’évènement et de lancer les travaux à 14h00 avec une conférence spéciale pour l’évènement et le démarrage du cycle de formation 2018 du rucher-école local, le rucher école de Sainte-Livrade.

 

Au programme :

  • dégustation et vente de miels locaux,
  • découverte des produits de la ruche (propolis, pollen, cire d’abeille…),
  • exposition et vente de matériel apicole,
  • atelier culinaire proposé par Valérie Sieurac.

Ateliers pour les enfants et mais également pour les plus grands :

  • fabrication de bougies et d’hôtels à insectes,
  • concours de dessins et coloriages géants,
  • confection de baume à lèvres à base de cire d’abeille,
  • comprendre tous les secrets gustatifs du miel avec Jonathan Houzelle.

 

Le Marché au miel s’inscrit dans le cadre de la Semaine du Miel et des Saveurs, qui se tient du 15 au 20 janvier, afin de mettre à l’honneur ce beau et bon produit. Cette opération est menée en partenariat avec l’Abeille gasconne, association de producteurs locaux. Pour l’occasion, ce noble produit s’invitera à table, notamment chez les grands chefs, puisque plusieurs restaurants lot-et-garonnais participent à cet évènement, mais également dans les restaurants des collèges, sous le label « Du 47 dans nos assiettes ».

7 restaurateurs et 7 apiculteurs s’associent en duo pour créer des recettes originales : Au P’tit bonheur à Agen, Le Bistronome à Agen, L’Angle Droit à Miramont-de-Guyenne, Le Lion d’or à Marmande, L’Art de Vivre à Nérac, Le Panorama à Laparade et La Pierre Blanche à la Sauvetat-sur-Lède.

Des menus à base de miel « 100 % Rucher Ecole » préparés par les chefs cuisiniers des 24 collèges

Des animations par des apiculteurs passionnés toute la semaine

Bee Audacious 2016

Le 14 décembre 2016, un groupe de réflexion livrait au public le fruit de 3 jours intenses de brainstorming consacré aux abeilles, à l’apiculture et à la pollinisation.

Pendant 3 jours complets passés à vivre ensemble et à faire connaissance, une petite centaine de personnes, originaires de 6 pays et 24 États différents, s’était réunie avec la ferme intention d’identifier les problèmes principaux auxquels font face apiculteurs, abeilles et pollinisateurs, et surtout de faire émerger les solutions possibles pour y remédier. Le lieu n’était choisi au hasard : un brin coupé du monde, ce centre d’événement champêtre et isolé à 80 km au nord de San Francisco se prêtait particulièrement bien à cette démarche de réflexion et d’échanges. Les discussions de couloir étaient tout aussi riches que les tables rondes. Ces échanges étaient enrichis par la variété des profils et compétences réunies : chercheurs et techniciens aux spécialisations diverses (virus, paysages naturels et agricoles, alimentation, écotoxicologie, maladies, produits de la ruche, etc.), apiculteurs de 1 à 15.000 ruches, activistes d’ONG, acteurs de la société civile…

 

Tout est parti d’un éditorial de Mark Winston dans la revue Bee Culture Magazine au printemps 2015. Dans cet éditorial, cet expert en pollinisation et biologie de l’abeille faisait part de la nécessité de mêler enfin les deux disciplines qu’il connaît le mieux : les abeilles et le dialogue. Professeur à l’université canadienne Simon Fraser, Mark Winston y a dirigé pendant 12 ans le Centre pour le Dialogue, qui réunit des groupes de toutes sortes dans l’optique de faire émerger de nouvelles idées susceptibles de changer le monde de demain. Mark Winston définit le dialogue comme « une discussion concentrée entre des personnes égales. Cela apporte plusieurs manières utiles de travailler ensemble, encourage la compréhension mutuelle entre différents points de vue et conduit à des résultats stables et résilients. Un dialogue productif se caractérise par un esprit de curiosité, un intérêt pour l’apprentissage permanent par et avec les autres, et une volonté d’évoluer soi-même. Au lieu d’argumenter, de convaincre et de défendre ce que l’on sait déjà, le dialogue encourage les individus à explorer l’inconnu : découvrir différentes expériences et valeurs, aussi bien que des points d’accord et de désaccord ».

Mais ces belles idées auraient très bien pu rester à l’état d’éditorial inspirant sans le travail remarquable d’une apicultrice californienne qui contacta Mark Winston et se chargea d’organiser l’événement 18 mois plus tard, Bonnie Morse.

 

Après avoir été sensibilisés aux principes du dialogue, les participants de Bee Audacious étaient réunis dans des groupes d’une dizaine de personnes pour réfléchir autour de thèmes variés pendant une trentaine de minutes. Ces groupes étaient constamment re-mélangés de manière aléatoire de manière à brasser les profils et points de vue. Dans un soucis constant de produire des résultats, chaque participant se devait d’intervenir au moins une fois, et des synthèses des échanges étaient soigneusement élaborées. 10 grands experts plus brillants les uns que les autres étaient en charge d’animer ces tables rondes – sans trop intervenir et influencer toutefois – et de faire part en fin de séance du déroulement des échanges et les idées les plus audacieuses.

 

La synthèse finale de cette première édition de Bee Audacious a été dévoilée dans un amphithéâtre bondé de la Dominican University of California. La vidéo de cet événement ouvert au public est disponible sur le site internet de Bee Audacious (voir ci-dessous). Le rapport final est également téléchargeable ici. Bee Audacious 2016 aura donc été un succès, notamment à travers l’intense stimulation intellectuelle ressentie par chacun des participants, repartis chez eux avec beaucoup de nouvelles idées à mettre en place. L’événement a fait l’objet de plusieurs articles et comptes rendus de participants, essentiellement en anglais. Ce présent article est le premier texte public en langue française à ce jour. Par ailleurs, des interviews vidéo réalisées à cette occasion paraissent petit à petit, à mesure qu’avance le travail de montage et la collecte de fonds qui se poursuit pour les financer. Un documentaire est également en cours de réalisation à partir d’images tournées en décembre 2016.

Un an tout juste après, un nouveau site internet est en cours de finalisation (tenbytenplusten.com). Sa vocation sera de poursuivre le travail entrepris en décembre 2016 en lui donnant plus d’impact. L’argent collecté sur ce site internet sera dans un premier temps dédié à la restauration d’habitats respectueux pour les pollinisateurs. D’autres actions de plus grande ampleur suivront.

Enfin, l’organisation d’une nouvelle édition de Bee Audacious est en discussion actuellement. Outre un événement à part entière, ce genre de concept pourrait tout à fait venir se greffer en parallèle d’autres évènements apicoles.

 

Plus que jamais aujourd’hui, l’apiculture et les insectes pollinisateurs ont besoin d’une pensée audacieuse générée par un processus de dialogue. A quand un événement semblable pour les pays européens, ou francophones ? Un tel événement permettrait de réunir un monde scientifique, apicole et syndical morcelé tout en faisant émerger de nouvelles solutions adaptées au contexte des pays ou régions représentées.

Les premiers participants de l’édition 2016 de Bee Audacious, au Marconi Conference Center, Californie.

Compte-rendu final à la Domonican University of California, le 14/12/2016